Girabolhos: le gouvernement portugais lance l’appel d’offres pour un barrage attendu depuis près de 20 ans

Le projet de barrage de Girabolhos franchit une nouvelle étape avec le lancement du concours public. Le chantier concerne le bassin du Mondego et reste contesté par des associations environnementales.

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Le gouvernement portugais lance ce mercredi l’appel d’offres pour la construction du barrage de Girabolhos, un projet hydraulique évoqué depuis près de deux décennies. La présentation officielle a lieu à Gouveia, en présence de la ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, et de représentants des communes directement concernées.

Un projet relancé dans la région de Gouveia

Le barrage de Girabolhos est présenté comme un ouvrage structurant pour l’intérieur du pays, dans une zone liée au bassin du Mondego. Le lancement du concours public marque le passage d’un dossier longtemps discuté à une phase administrative concrète: les entreprises intéressées pourront se positionner sur le futur chantier, avant une attribution éventuelle selon les règles de la commande publique portugaise. La cérémonie organisée à Gouveia donne aussi une portée politique locale au dossier. La présence de la ministre de l’Environnement et de l’Énergie souligne que le projet est porté au niveau national, tandis que les représentants municipaux doivent suivre ses conséquences directes sur le territoire: accès, expropriations éventuelles, impact paysager, emploi lié aux travaux et future gestion de l’eau.

Ce que le barrage est censé apporter

L’intérêt affiché d’un barrage de cette taille repose généralement sur plusieurs usages: stockage d’eau, régulation des débits, éventuelle production d’énergie et renforcement de la sécurité hydrique dans une région exposée à des périodes de sécheresse. Dans le cas de Girabolhos, le projet est aussi associé au débat sur la gestion du Mondego, notamment en période de fortes pluies. Le lancement de l’appel d’offres ne signifie pas que les travaux commencent immédiatement. Il ouvre une procédure qui devra préciser les conditions techniques, financières et environnementales de l’ouvrage. Les délais réels dépendront ensuite de l’attribution du marché, des autorisations nécessaires et des éventuels recours.

Une opposition environnementale déjà très nette

La relance du projet ne fait pas l’unanimité. Quercus, l’une des principales associations environnementales portugaises, s’est prononcée contre le barrage de Girabolhos et demande l’annulation du concours public. L’association conteste notamment l’idée selon laquelle l’ouvrage constituerait une réponse efficace aux crues du Mondego, parlant d’une « fausse solution ». Cette critique place le dossier sur un terrain sensible: faut-il investir dans de grands ouvrages hydrauliques pour sécuriser les ressources en eau et limiter les risques, ou privilégier d’autres formes d’aménagement du bassin, moins lourdes pour les écosystèmes? Le débat devrait accompagner la procédure, d’autant plus que les barrages modifient durablement les cours d’eau, les habitats naturels et les usages locaux.

Les points encore à surveiller

Plusieurs éléments restent déterminants pour mesurer la portée réelle de cette relance: le calendrier du concours, le coût final de l’opération, les caractéristiques techniques du barrage, les communes précisément touchées par les travaux et les compensations prévues pour les populations ou les territoires affectés. Le dossier environnemental sera également central. Si des associations ou acteurs locaux engagent des démarches administratives ou juridiques, le calendrier pourrait être allongé. À l’inverse, une procédure sans blocage majeur permettrait au gouvernement de transformer rapidement cette annonce en chantier, après presque 20 ans d’attente.


Le barrage de Girabolhos entre donc dans une phase décisive, mais pas encore irréversible sur le terrain. Le concours public ouvre la voie à la construction, tandis que les oppositions environnementales et les détails techniques du projet pèseront sur la suite du calendrier.


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