L’ancien ministre de l’Économie estime que les consommateurs portugais paient un écart de prix devenu difficile à justifier face à l’Espagne. Il vise aussi le prix de la bouteille de gaz, autre poste de dépense où le Portugal reste pénalisé.
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António Costa Silva a relancé le débat sur le prix des carburants au Portugal en affirmant que les Portugais auraient payé 1,3 milliard d’euros de trop au cours du seul premier semestre. Interrogé par CNN Portugal, l’ancien ministre de l’Économie juge la situation « dramatique » et insiste sur un point: la hausse ou la baisse du baril de pétrole ne suffit pas à expliquer ce que paient les consommateurs à la pompe.
Un écart avec l’Espagne qui pèse directement sur les ménages
La comparaison avec l’Espagne est au cœur de l’alerte lancée par António Costa Silva. Selon lui, les prix des carburants restent nettement plus élevés au Portugal, alors que les deux pays partagent le même espace économique ibérique et sont exposés à des conditions internationales proches pour l’achat d’énergie. L’écart ne se limite pas à une différence ponctuelle à la pompe: il se traduit, d’après son estimation, par un surcoût massif supporté par les conducteurs portugais au premier semestre. Pour les ménages, cette différence se ressent immédiatement dans les dépenses courantes: trajets domicile-travail, déplacements familiaux, véhicules professionnels ou usage quotidien en zone mal desservie par les transports publics. Elle est encore plus visible dans les régions frontalières, où les automobilistes peuvent comparer directement les prix portugais et espagnols.
Le prix du pétrole n’est pas, selon lui, le principal problème
António Costa Silva ne nie pas l’importance du prix du pétrole brut dans la formation des prix des carburants. Mais il estime que ce n’est pas le facteur le plus préoccupant dans la situation actuelle. Son argument porte surtout sur la différence persistante entre ce que devraient refléter les marchés internationaux et ce qui est finalement facturé aux consommateurs portugais. Autrement dit, lorsque le baril varie, les automobilistes s’attendent à ce que les prix à la pompe évoluent de manière relativement cohérente. Le problème soulevé ici est la part de l’écart qui semble rester élevée indépendamment du mouvement du brut. Cela renvoie à toute la chaîne du prix final: raffinage, distribution, marges, fiscalité et rythme de transmission des baisses comme des hausses.
La bouteille de gaz également dans le viseur
L’ancien ministre de l’Économie étend sa critique au gaz en bouteille, produit encore très utilisé au Portugal pour la cuisine, l’eau chaude ou le chauffage d’appoint. Là aussi, il souligne une différence défavorable avec l’Espagne. Ce point est important car la bouteille de gaz touche souvent des foyers qui n’ont pas accès au gaz naturel ou qui vivent dans des logements moins équipés, notamment dans certaines zones rurales ou périphériques. La comparaison avec l’Espagne rend le sujet politiquement sensible: il ne s’agit pas seulement du prix de l’énergie sur les marchés mondiaux, mais du coût final payé par les familles portugaises pour des usages essentiels. Dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat, le cumul carburants et gaz accentue la perception d’un pays où l’énergie domestique reste trop chère.
Ce qui reste à clarifier sur le surcoût annoncé
Le chiffre de 1,3 milliard d’euros donne une mesure forte du problème, mais il appelle aussi des précisions: base de calcul retenue, période exacte, comparaison utilisée et part attribuable aux taxes, aux marges ou aux coûts de distribution. Sans ces éléments, il permet surtout de poser le débat public sur l’ampleur du différentiel, plutôt que de trancher à lui seul la responsabilité de chaque acteur. La question centrale devient donc celle de la transparence. Si l’écart avec l’Espagne persiste, les consommateurs ont besoin de comprendre ce qui le provoque: choix fiscaux, structure du marché, concentration de la distribution, coûts logistiques ou différence de régulation. C’est cette explication qui manque aujourd’hui pour transformer l’alerte en mesures concrètes.
L’intervention d’António Costa Silva replace les carburants et le gaz parmi les sujets économiques les plus sensibles au Portugal. Au-delà du prix du baril, le débat porte désormais sur l’écart durable avec l’Espagne et sur la capacité des autorités à expliquer, puis à réduire, ce surcoût payé par les consommateurs portugais.
En clair : António Costa Silva trouve que les carburants sont trop chers.
Oui, ils augmentent quand le pétrole augmente. Mais selon lui, ça augmente beaucoup plus que ça ne devrait ! Et quand ça baisse, devinez quoi ? Ça ne baisse pas autant.
Si on compare à l’Espagne, c’est encore plus flagrant.
Alors il ne le dit pas clairement, mais moi je me lance : il critique les grandes entreprises pétrolières portugaises, qui se goinfrent en ce moment. On est au courant, merci.
« Mais qui est cette personne ? »
C’est l’ancien ministre de l’économie socialiste. Si on devait lui lancer une critique, c’est qu’il aurait dû, pour une thématique aussi vitale que l’énergie, faire beaucoup plus que ce qu’ils n’ont fait. En vrac : indexation réelle du prix des carburants au prix du brut, investissements massifs dans notre production énergétique nationale (je pense au nucléaire, qu’on ne peut plus ignorer), enfouissement des lignes de haute tension pour sécuriser le tout.
Mais ce n’est pas très électoraliste, et je pense qu’aucun gouvernement, je dis bien aucun, n’adressera ces problèmes en temps utile.
