Cancer au Portugal: 926 jours d’attente avant l’accès moyen aux nouveaux médicaments

Cancer au Portugal: 926 jours d’attente avant l’accès moyen aux nouveaux médicaments

Entre l’approbation européenne d’un traitement oncologique et son arrivée effective auprès des patients portugais, le délai moyen dépasse deux ans et demi.

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Au Portugal, les médicaments contre le cancer mettent en moyenne 926 jours à parvenir aux patients après leur approbation au niveau européen. Ce délai représente plus de deux ans et demi, soit plus de neuf mois de plus que la moyenne de l’Union européenne. Les données rapportées indiquent aussi qu’un patient interrogé sur deux a déjà manqué de médicament au moins une fois.

Un délai qui ne correspond pas à l’autorisation européenne

L’approbation d’un médicament au niveau européen ne signifie pas qu’il devient immédiatement disponible dans chaque pays. Après cette étape, les autorités nationales doivent encore évaluer les conditions d’utilisation, le financement, le remboursement et, pour de nombreux traitements hospitaliers, l’intégration dans les circuits du service public de santé. Au Portugal, ce rôle revient notamment à l’Infarmed, l’autorité nationale du médicament. Pour les traitements utilisés à l’hôpital, l’évaluation préalable doit tenir compte de la valeur thérapeutique du médicament, de son coût et de son impact pour le système de santé. Ce processus est censé éviter l’entrée automatique de traitements coûteux sans bénéfice suffisamment démontré, mais il peut aussi créer un temps d’attente important entre l’innovation médicale et l’accès réel du patient.

Pourquoi 926 jours pèsent lourd en oncologie

Un délai moyen de 926 jours place le Portugal dans une situation défavorable par rapport à la moyenne européenne, avec un retard supérieur à neuf mois. En cancérologie, ce type d’écart n’est pas seulement administratif: il peut influencer les options disponibles au moment où une décision thérapeutique doit être prise. Tous les nouveaux médicaments ne changent pas de la même manière le pronostic d’un cancer. Certains apportent un bénéfice limité ou ne concernent qu’un petit groupe de patients. D’autres, en revanche, ciblent des profils précis, comme certaines mutations génétiques ou des formes avancées de la maladie, et peuvent devenir une option importante lorsque les traitements existants ne suffisent plus. Quand l’accès national arrive longtemps après l’autorisation européenne, les médecins doivent continuer à travailler avec les alternatives déjà disponibles, orienter certains malades vers des essais cliniques lorsque c’est possible, ou attendre une décision de financement.

Les ruptures ou manques de médicaments aggravent le parcours des patients

Le chiffre sur l’accès aux nouveaux traitements ne doit pas être confondu avec un autre problème signalé: selon les données publiées, la moitié des patients interrogés ont déjà été confrontés à un manque de médicament au moins une fois. Il s’agit d’un enjeu différent, mais tout aussi concret, car il touche la continuité des traitements déjà prescrits. Dans un parcours oncologique, une indisponibilité peut entraîner un report, une substitution, une recherche du médicament dans un autre établissement ou une adaptation du calendrier thérapeutique. Les conséquences dépendent du type de molécule, du protocole suivi et de l’état clinique du patient. Dans tous les cas, la décision de modifier ou de décaler un traitement appartient à l’équipe médicale, car un changement apparemment simple peut avoir des effets sur l’efficacité ou la tolérance.

Les points à clarifier pour mesurer l’ampleur réelle du problème

Le délai moyen de 926 jours donne une indication forte, mais il ne dit pas encore quels types de cancers ou quelles familles de médicaments sont les plus touchés. Il faut aussi distinguer les étapes qui composent ce délai: temps d’évaluation par l’autorité du médicament, négociation du prix, décision de financement, achats hospitaliers, disponibilité dans les établissements et éventuelles contraintes d’approvisionnement. Pour les patients déjà suivis, la question pratique est de savoir si le traitement envisagé est disponible au Portugal, s’il est financé par le Serviço Nacional de Saúde, et quelles alternatives existent si l’accès est impossible ou retardé. Ces informations doivent être demandées directement à l’oncologue ou à l’hôpital de référence, car la situation varie selon le médicament, l’indication précise et l’établissement.


Les 926 jours d’attente moyens soulignent un retard structurel dans l’accès aux innovations contre le cancer au Portugal. Le sujet ne se limite pas à l’arrivée de nouveaux médicaments: les manques signalés par les patients montrent aussi que la continuité des traitements reste un point sensible du système de santé.

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