Le phénomène des jeunes « nem-nem » concerne déjà plus de 185 000 personnes dans le pays. Les femmes, les jeunes moins diplômés et ceux qui vivent loin des grands centres urbains apparaissent plus exposés.
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Le Portugal compte plus de 185 000 jeunes qui ne travaillent pas et ne sont pas engagés dans des études, selon les éléments publiés par Expresso. Derrière ce chiffre, les situations sont très différentes: certains n’arrivent plus à poursuivre leur parcours scolaire, d’autres ne trouvent pas d’emploi, et une partie a cessé de chercher une voie de retour vers le travail ou la formation.
Un groupe très hétérogène derrière l’étiquette « nem-nem »
Au Portugal, l’expression « nem-nem » désigne les jeunes qui ne sont ni dans l’emploi ni dans les études. Le chiffre de 185 000 personnes ne décrit donc pas une réalité unique. Il peut s’agir d’un jeune sorti trop tôt du système scolaire, d’un diplômé en attente d’une première opportunité professionnelle, d’une personne confrontée à des responsabilités familiales, ou encore d’un jeune qui s’est progressivement éloigné des institutions et du marché du travail. Cette diversité est importante: les réponses ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit d’un décrochage scolaire, d’un manque d’offres d’emploi, d’un problème de mobilité, de santé, d’accompagnement ou de confiance.
Les femmes et les jeunes moins diplômés sont plus vulnérables
Les éléments disponibles signalent un risque plus élevé chez les femmes et chez les personnes ayant un niveau de scolarité plus faible. Le niveau d’études reste un facteur central, car il conditionne l’accès aux offres d’emploi les plus stables, aux formations qualifiantes et à la capacité de rebondir après une période d’inactivité. Pour les femmes, la vulnérabilité peut aussi se traduire par une exposition plus forte aux interruptions de parcours, notamment lorsque des contraintes familiales ou de soin s’ajoutent à une insertion professionnelle déjà fragile. Le phénomène ne se limite donc pas à une simple absence d’emploi: il révèle souvent des obstacles cumulés.
L’éloignement des centres urbains complique le retour vers l’emploi ou les études
La distance avec les grands centres urbains apparaît comme un autre facteur de risque. Dans les territoires moins connectés, l’accès aux établissements de formation, aux services d’orientation, aux transports et aux offres d’emploi peut être plus limité. L’isolement aggrave encore la situation: moins un jeune est en contact avec des réseaux scolaires, professionnels ou associatifs, plus il devient difficile d’être informé des possibilités existantes et de reprendre une trajectoire. Ce point est crucial, car une période courte hors emploi et hors études peut devenir plus durable si aucun relais local ne permet de renouer rapidement avec une solution concrète.
Les données à préciser pour mesurer l’ampleur réelle du problème
Le chiffre national donne un ordre de grandeur important, mais plusieurs éléments restent nécessaires pour mieux comprendre la situation: l’âge exact des jeunes concernés, la durée passée hors emploi et hors études, la répartition régionale, le niveau de diplôme détaillé et la part de ceux qui ont complètement cessé de chercher une activité. Ces distinctions changent fortement le diagnostic. Un jeune temporairement entre deux formations n’a pas les mêmes besoins qu’une personne isolée depuis plusieurs mois ou plusieurs années. Pour agir efficacement, il faut donc distinguer les transitions courtes des situations de décrochage durable.
Le nombre de jeunes « nem-nem » au Portugal met en évidence un risque social concret: une partie de la jeunesse reste à l’écart des parcours scolaires et professionnels au moment même où se construisent les premières qualifications et les premières expériences. Les priorités sont claires: repérer plus tôt les situations de décrochage, renforcer l’accompagnement des jeunes peu diplômés et rapprocher les solutions de formation ou d’emploi des territoires les plus isolés.
