Saisies de cocaïne au Portugal: plus de 42 tonnes et une hausse annoncée de 60 %

Saisies de cocaïne au Portugal: plus de 42 tonnes et une hausse annoncée de 60 %

Le cumul annoncé dépasse 42 tonnes depuis janvier 2026. Les interceptions maritimes occupent une place centrale, mais la comparaison statistique reste peu détaillée.

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Les saisies de cocaïne au Portugal dépassent plus de 42 tonnes depuis le début de 2026, selon RTP. Le 13 octobre, la chaîne publique annonçait une hausse de 60 % par rapport à 2025 et signalait des interceptions au large de la côte, essentiellement sur des embarcations provenant d’Amérique du Sud..

Une hausse de 60 %, mais une comparaison encore peu détaillée

Le bilan diffusé par RTP le 13 octobre 2026 porte sur les quantités interceptées depuis janvier. Il ne constitue donc pas un résultat annuel définitif. La chaîne annonce une progression de 60 % par rapport à 2025, sans préciser les dates exactes ni le périmètre statistique retenus pour cette comparaison.

Cette distinction compte: comparer deux périodes identiques et comparer un cumul provisoire à une année entière sont deux opérations différentes. Il faut donc conserver la hausse annoncée avec son attribution à RTP. En revanche, la brève ne permet pas de reconstituer précisément son calcul ni d’identifier les éventuels ajustements du bilan.

Le nombre de tonnes ne renseigne pas davantage sur le nombre d’interventions. Par exemple, dans une situation hypothétique, quelques cargaisons très lourdes peuvent faire bondir un total annuel. Une hausse du poids saisi ne signifie donc pas automatiquement une hausse équivalente du nombre de bateaux interceptés ou de personnes arrêtées.

En 2025, le bilan officiel atteignait déjà 25,63 tonnes

Le rapport annuel de la Polícia Judiciária fournit une référence précise pour l’année précédente. En 2025, les autorités ont enregistré 25 633,045 kilogrammes de cocaïne saisie, soit environ 25,63 tonnes, dans 1 984 saisies. Le document distingue par ailleurs le crack et la cocaïne liquide dans des catégories séparées.


La progression avait donc commencé avant 2026. Selon ce bilan, les quantités augmentaient déjà de 11,4 % entre 2024 et 2025, soit 2,61 tonnes supplémentaires. Le nombre de saisies progressait, lui, de 20,6 %. La PJ relève aussi une hausse continue des quantités pendant les cinq années étudiées, de 2021 à 2025.

Ce rapport rassemble les données de plusieurs services portugais, et pas seulement celles des enquêteurs de la PJ. Il utilise les formulaires reçus jusqu’au 16 janvier 2026 pour établir le bilan de 2025. Ainsi, cette référence annuelle documentée ne doit pas être confondue avec un compteur opérationnel actualisé en cours d’année.

D’Olhão à Figueira da Foz, des cargaisons interceptées sur la côte

Les affaires signalées ces derniers mois montrent plusieurs points d’interception sur le littoral. Le 12 juillet 2026, le bilan publié sur Olhão faisait état de trois tonnes saisies par la GNR, la gendarmerie portugaise. L’opération nocturne avait permis de récupérer 91 ballots, tandis que les suspects avaient pris la fuite à pied.

Plus récemment, le bilan publié le 9 octobre concernait une intervention près de Figueira da Foz. La GNR y avait saisi 2,7 tonnes de cocaïne et quatre armes de guerre. Les informations disponibles situaient le début de l’intervention à la Praia da Costinha, pendant un débarquement, et mentionnaient également la Praia da Tocha.

Ces deux affaires illustrent des interceptions de plusieurs tonnes, mais ne prouvent pas l’existence d’un même réseau. Le bilan de Figueira da Foz ne précisait notamment ni l’origine de la cargaison ni sa destination finale. Il serait donc prématuré d’attribuer toutes les saisies côtières à une organisation unique.

Les trafiquants combinent conteneurs et transferts en mer

Les routes maritimes dépassent toutefois les débarquements sur les plages. Le rapport européen sur les drogues 2026 décrit une diversification des moyens de transport. Les réseaux utilisent notamment des transferts en mer, des embarcations rapides et des semi-submersibles. Ces derniers naviguent en partie sous la surface, contrairement aux bateaux classiques.

Un transfert en mer consiste à faire passer une cargaison d’un navire à un autre avant son arrivée à terre. L’agence européenne mentionne ainsi la récupération de drogue depuis un navire principal par de petites embarcations. Elle recense aussi des colis flottants équipés de dispositifs de localisation et un recours accru à de petits ports.

Cependant, cette diversification ne remplace pas le trafic dissimulé dans le commerce maritime légal. Les conteneurs restent une voie importante d’acheminement vers l’Europe. Selon l’agence, les réseaux combinent dissimulation, corruption, intimidation et violence dans les chaînes logistiques. La surveillance doit donc couvrir des transports commerciaux comme des opérations en dehors des grands terminaux.

Un bateau de surveillance navigue au large.

Une saisie portugaise peut concerner plusieurs marchés européens

Une opération antérieure montre concrètement cette dimension internationale. Dans un communiqué du 3 novembre 2025, la PJ annonçait l’interception d’un semi-submersible dans l’Atlantique. L’embarcation transportait plus de 1,7 tonne de cocaïne et quatre membres d’équipage. Selon les enquêteurs, elle se dirigeait vers la péninsule Ibérique pour approvisionner plusieurs pays européens.

Baptisée El Dorado, cette opération associait la PJ, la marine et l’armée de l’air portugaises. Des services britanniques, français et américains participaient également. L’intervention avait commencé grâce à une information partagée au MAOC-N, le centre d’analyse et d’opérations maritimes consacré à la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Ce cas de 2025 ne fait pas partie du cumul annoncé pour 2026. Il montre néanmoins pourquoi une saisie liée aux autorités portugaises ne correspond pas nécessairement à une livraison destinée au marché portugais. Pour cette cargaison précise, la PJ évoquait une destination européenne multiple et poursuivait l’enquête avec les autorités d’autres pays.

Les tonnages saisis ne mesurent pas la consommation au Portugal

Le contexte européen invite aussi à distinguer interceptions et circulation réelle de drogue. Le rapport européen 2026 recense 330 tonnes de cocaïne saisies dans l’Union en 2024, contre 419 tonnes en 2023. Pourtant, le nombre de saisies augmentait, pour atteindre 97 000. Les deux indicateurs évoluaient donc dans des directions opposées.

L’agence européenne interprète cette évolution comme un signe de changement des routes et des méthodes, plutôt qu’une diminution des expéditions. Elle souligne notamment la hausse de la production en Amérique du Sud. La baisse des tonnages interceptés dans certains pays ne suffit donc pas à démontrer un recul de l’approvisionnement européen.

Inversement, davantage de tonnes saisies au Portugal ne prouvent pas une augmentation proportionnelle de la consommation locale. Le tonnage mesure la drogue interceptée, non celle effectivement consommée. L’exemple européen montre pourquoi il faut examiner séparément les quantités, le nombre d’opérations et les destinations établies par les enquêtes, sans transformer un indicateur en explication générale.

Les prochaines données devront préciser le périmètre de comparaison derrière la hausse de 60 %. Elles permettront surtout de distinguer l’évolution des tonnages, celle des opérations et les destinations des cargaisons.


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