Chouriça
Chouriça

Une table portugaise

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Comment reconnait-on une table portugaise sans se tromper?


Note : je partage avec vous un texte de Adelaide Gameiro, publié originellement sur notre groupe Facebook. Je partage son avis sur ce qu’est une « vraie » table portugaise, celle que l’on a gardé dans nos coeurs, celle de la tradition.
~José

Ne cherchez pas de vaisselle en porcelaine ni de verres en cristal, ou encore de couverts en argent , ici l’essentiel est dans l’assiette ou sur la braise, point besoin de fioritures ni de chichis…

Si vous avez eu la chance de connaitre les temps bénis, ou on engraissait et tuait le cochon à la maison, ou les hivers froids et pluvieux nécessitaient de surveiller la cheminée sans cesse afin que le feu ne s’éteigne pas, ou l’odeur âcre de la fumée se mélangeait à l’odeur forte du « colorau » (piment doux), cominhos (cumin), cravinhos, alho e vinho, (ail et vin) où toute les victuailles de l’année se trouvaient suspendues sous la cheminée, à l’abri des chapardeurs en cours de fumage…

Vous pouvez affirmer être un vrai Portugais !

(Bien que ceux qui n’ont pas eu cette chance le soient aussi, loin de moi l’idée de faire des sous ou faux-portugais comme certains le pensent déjà…).


Tout portugais qui se respecte connait le gout du chouriço grillé dans une assiette avec de « l’aguardente » enflammée que l’on mangeait en famille lors de visites ou entre amis à « l’apéritif ».

Attention : l’apéritif n’existait pas au Portugal, on passait de suite aux choses sérieuses.

Les soupes qui réchauffent le coeur

Cozido à portuguesa
Cozido à portuguesa

De même pour les bonnes soupes de légumes roboratives qui aidaient à réchauffer les corps et les cœurs après une journée de labeur, et qui quand l’année avait été bonne, contenait plus de « farinheira » (saucisse de farine et gras de porc), de chouriça de arroz e sangue (boudin au riz et épices) et autres viandes et légumes…

Comment ne pas citer le fameux « cozido a portuguesa » qui ressemble a notre pot au feu, mais beaucoup plus riche en viandes et en « fumeiro » (ensemble des variétés de saucisses et qui est une institution au Portugal) et qui, quand l’année était bonne, ou que les invités devaient être gâtés, contenait plus de viande que de légumes…

Le nord, le Minho, est la région ou le fumeiro est une religion, un sacerdoce, nul ne peut se prétendre Portugais s’il ne vénère pas saucisses, boudins et autres charcuteries faites maison… Nul ne peut se prétendre émigré portugais s’il n’avait pas emporté dans sa valise ou son sac, quelques « chouriças » emballées tel un précieux trésor par sa mère ou son épouse…

Si sur une table vous voyez un mystérieux cochon en terre cuite ou l’on fait griller un chouriço (et pas un un chorizo comme on l’entend trop souvent), vous êtes sans conteste chez un Portugais ou quelqu’un qui apprécie le Portugal…

Chouriça
Chouriça et son assador à alcool

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